Kalash valley

Le but non avoué de ce détour par le Nord-ouest : le peuple Kalash.

À quelques kilomètres de l’Afghanistan, dans trois petites vallées perdues vit la plus petite minorité ethnique du pays : 4000 kalashs tentent difficilement de perpétuer leur culture unique au monde.

Issus d’une civilisation très ancienne, ce sont des non-musulmans, de ce qu’on appelait le Kafiristan, le pays des infidèles. Au carrefour de l’animisme et d’influences hindouistes entre autres, ils pratiquent une religion basée sur la croyance des anges – ou messagers – présents dans la nature qui transmettent les prières vers un Dieu unique. Amulettes de farine et cornes de bouc magiques font partie du paysage. Leur calendrier est basé sur le rythme de la nature et chacune des quatre saisons est fêtée comme un renouvellement.

Si les hommes ont abandonné leurs tenues traditionnelles, les femmes continuent de porter ces robes noires, brodées de couleurs vives.

Lors de leur périodes de règles, et pour les accouchements, elles se retrouvent dans la Bashali, maison interdite aux hommes. Pas même le droit de toucher les murs… Loin d’être un banissement, c’est un moment qu’elles apprécient, où elles sont libérées des tâches et chouchoutées.

Peut-être moins de 10 % de kalashs cohabitent pacifiquement avec les musulmans de la vallée. Nombreux sont les jeunes pakistanais attirés par ce petit paradis où l’on peut boire de l’alcool – les kalashs cultivent la vigne – et discuter (flirter ?) librement avec des filles non voilées.

On m’a raconté l’anecdote d’un français venu vivre dans la vallée il y a une cinquantaine d’années. Buveur invétéré et le vin n’étant pas à son goût, il aurait alors introduit la technique de la distillation. On trouve donc aujourd’hui cet eau de vie de mûres de platane poétiquement appelé « helicopter oil ».

Les kalashs revendiquent fièrement une filiation avec les Grecs d’Alexandre le Grand – Aristote est un prénom répandu ici – mais il s’agit probablement d’une légende (que j’entends régulièrement ici ou là) car leur peuple est bien plus ancien. Mais la transmission est uniquement orale et de fait, l’histoire est balbutiante et la religion pas reconnue officiellement. Pas de livre sacré, pas de religion…

Mais si la liberté religieuse est tout de même de mise, et si les vallées kalashes ont été épargnées par les conflits récents, il n’y a hélas pas vraiment de mesures de protection du patrimoine. Les constructions sauvages d’hôtels (déjà une quarantaine), se multiplient, défigurant les villages perchés de pierre et de bois. Le tourisme de masse de pakistanais est un danger mortel, les 4 festivals attirant une foule immense, et pas souvent respectueuse. Le mot de « zoo humain » a été lâché plusieurs fois. Les nombreuses conversions sont une autre menace, tout comme le réchauffement climatique qui provoque des crues dévastatrices. Le plastique balancé dans la nature est une calamité.

Sacrée expérience que cette immersion en pays Kalash, le détour en valait la chandelle. Le spectacle de cette danse nocturne sur la place du village, répétition pour le festival automnal était particulièrement hypnotique. Coup de cœur pour ce petit peuple, puisse-t-il trouver les moyens de survivre…

Pour un savoir plus, un bon article : https://www.ritimo.org/Au-Pakistan-les-Kalash-un-peuple-vivant

8 commentaires sur “Kalash valley

    1. Magique de découvrir grâce à toi les beautés et ilots de tolérance (malgré les problèmes et difficultés que tu évoques pour ne rien idéaliser…) de ce pays si souvent évoqué négativement… « dépaysant » doit être un mot bien faible !!

  1. Merci de partager ces magnifique photos tu nous fait voyager en même temps . Bonne route
    Bises de nous alex celine thylia lyhes lilya

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